dimanche 29 septembre 2013

Un dimanche gris et triste.

Un dimanche tout gris au bord de la mer, et on a envie de ne rien faire. Juste trainer au coin du feu, à regarder le chat s'étirer entre deux siestes sur les coussins. Il trouve lui, qu'on est finalement pas si mal dans cette maison douillette.
Il baille, il s'étire, il se tourne et se rendort. A l'autre bout du canapé, on se cale entre oreillers et accoudoir, et on relit Rebecca, en ce disant qu'il pleut encore plus en Cornouaille, et que c'est encore plus tristounet.
Un bon moyen de se dire comme le chat, que cette maison de campagne est confortable, en fait. Et puis on a une petite faim. Comme on a la flemme aussi, on ne bouge pas pendant un temps, en contemplant le feu qui crépite. On finit par poser Rebecca à l'envers, au risque d'affaiblir encore un peu plus la reliure de cuir doré.
On s'extirpe de ce canapé qui voudrait nous retenir, en dérangeant le chat qui se redresse et vous regarde d'un air un peu blasé. En fait on ne sait pas trop de quoi on a envie. On se dirige sans conviction vers la cuisine où il fait plus frais car elle ne profite pas de la proximité de l'âtre. On aurait mieux fait de ne pas bouger...
Un coup d'oeil par la fenêtre. Le voisin rentre du bois. La pluie tombe finement sur le muret. Les dernières fleurs de l'été profitent de cette humidité et affichent leurs couleurs, seules flamboyantes au milieu de cette nature grise et verte. Des gouttes d'eau perlent sur les figues de Dalmatie qui seront bientôt mûres, promesse de confitures merveilleuses pour cet hiver.
On frissonne et on s'aperçoit qu'il reste un croissant du petit déjeuner du matin. Les vaches normandes sont un trésor pour l'homme. On fait réchauffer du  lait frais et crémeux. On observe la peau qui se forme à la surface et qui frémit.
Le chat saute du canapé et se propulse en silence jusqu'à vous avec un miaulement complice, d'un air de dire que lui aussi est intéressé par ce lait. On l'ignore pour l'instant car ce greffier est un peu individualiste et on apprécierait un peu plus d'affection de sa part.
On hume l'effluve d'un café d'Amérique, doux et suave qui envahit la cuisine. On le verse dans un grand bol de lait chaud, que l'on pose sur un plateau près d'un quart de baguette craquante avec du beurre de la ferme d'à côté et de la confiture à l'abricot cuite il y a deux semaines au retour du marché. Comme la distribution de ce film dominical est riche, y trônent aussi le croissant de ce matin et une coupelle de lait pour ce chat qui se frotte maintenant à vos jambes en ronronnant.
On retrouve Rebecca au coin du feu et on se sent heureux en regardant le chat se régaler. 

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