mercredi 27 avril 2016

Vieux bistrots : dernier inventaire avant disparition

L'obs. Emmanuelle Hirschauer Publié le 03 avril 2016

Le photographe Blaise Arnold signe la série "Red Lights", album aux accents fabuleux compilant des photos de bars de Paris et sa banlieue. Aperçu de cet hommage aux zincs franciliens menacés d'extinction.

Le Tabac du Parc, au Perreux-sur-Marne (Val-de-Marne). La première fois que Blaise Arnold a immortalisé un bistrot, c'était il y a onze ans. "Un matin, je rentre de l'école où je viens de conduire mes enfants, et la silhouette d'un bar me saisit. Je cours chercher mon appareil et mon pied". Ce cliché originel ne figure pas dans la série, le photographe ne le jugeant pas abouti. Mais l'idée était désormais là... (Blaise Arnold)


L'Ariel, dans le 20e arrondissement de Paris. Pour Blaise Arnold, ces "phares dans la nuit" – comme il désigne ces bars aux néons rouges – sont en train de changer à vitesse grand V. "Ça, c'est la fin d'un monde, alors il faut le photographier avant que ça disparaisse", résume-t-il pour expliquer ce qui l’a motivé à réaliser cette série. (Blaise Arnold)
























Le 1930, dans le 11e arrondissement de Paris. "Je représente le bar tel qu'il est et tel que j'aimerais qu'il soit", explique Blaise Arnold. Outre sur son site, la série "Red Lights" est désormais visible sur sa page Facebook, Blaise Arnold Photography. (Blaise Arnold)








Le Balto, à Nanterre (Hauts-de-Seine). Le photographe repère les bistrots – qu'il préfère quelconques – au fil de ses pérégrinations du week-end, au cours desquelles il arpente les vide-greniers d'Ile-de-France. (Blaise Arnold)


Au Rendez-vous des chauffeurs, Gennevilliers (Hauts-de-Seine). Cette voiture ancienne était-elle vraiment garée là lors de la prise de vue ? Cette cheminée d'usine existe-t-elle vraiment ? C'est tout le mystère de la série "Red Lights", dans laquelle Blaise Arnold reconnaît avoir opéré "quelques interventions", ici et là. Ce procédé permet d'ancrer les bistrots photographiés dans un passé inaltérable. (Blaise Arnold)


Le Madrigal, à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis). Né au milieu des années 1960, Blaise Arnold reconnaît dans sa démarche la nostalgie de ses jeunes années passées dans le 14e arrondissement. Il grandit dans l'une des premières HLM du quartier : "Brassens vivait à côté, Giacometti avait son atelier tout près, Dewaere était un voisin...", raconte-t-il. (Blaise Arnold)




























L'Europe, à Villemomble (Seine-Saint-Denis). A l'arrière-plan se dresse un gazomètre, ces réservoirs qui permettaient de stocker le gaz de ville. Blaise Arnold admet l'avoir habilement ajouté au paysage. "Je me souviens d'être passé à La Plaine Saint-Denis avec mon père, et d'y avoir vu ces grandes citernes", dit-il. "En France, on rase ces vestiges, alors qu'à Londres, on a su les conserver", regrette cet homme féru de patrimoine industriel. (Blaise Arnold)


Le Maryland, dans le 13e arrondissement de Paris. Les photos de la série "Red Lights" répondent à des règles : toujours prises soit juste avant le lever du jour, soit au crépuscule ; et toujours par ce temps de pluie qui n'a pas son pareil pour produire des réverbérations sur le bitume. (Blaise Arnold)

Le Café de la Gare, à Chelles (Seine-et-Marne). Parmi ses sources d'inspiration, Blaise Arnold cite les films de Jean-Pierre Melville ou encore les chansons de Renaud. Il se nourrit aussi de l'œuvre de Jacques Tardi, et notamment de ses adaptations de Nestor Burma, dans lesquelles "la banlieue est un élément récurrent". (Blaise Arnold)











L'Ariel, à Romainville (Seine-Saint-Denis). Autre influence citée par le photographe, le livre "Je me souviens", recueil de souvenirs de Georges Perec. (Blaise Arnold)








L'Ermitage, dans le 20e arrondissement de Paris. "Il a existé ce Paris, je l'ai connu", dit Blaise Arnold. Pour lui rendre hommage, il le met donc en boîte, avec son Hasselblad numérique. Des photos riches de détails, qui parleront peut-être pour nous, dans 100 ans, pour dire à quoi ressemblaient les derniers troquets, avant leur disparition. (Blaise Arnold)





Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire