vendredi 10 juin 2016

Bretagne - Le far breton

Plus simple tu meurs ! et que c'est bon !

6 oeufs
1 l de lait
250 g de farine
190 g de sucre

250 g de pruneaux
10 cl de rhum


Blanchissez les oeufs avec le sucre, ajoutez la farine, le rhum puis le lait.
Versez l’appareil dans un plat dans lequel vous aurez disposé les pruneaux.
Faites cuire une heure à 170 degrés.

jeudi 9 juin 2016

Provence - Filet de dorade rôti, tapenade et jus de romarin

Il fait beau ! Allez hop du poisson! Et les rayons de soleil du début d'été avec cette recette du restaurant L'Embarcadère à Blois. Le restaurant à fleur de Loire.


Pour 4 personnes

4 dorades royales en filets de 300 à 400 g environ
150 g d’olives noires denoyautées
25 g de filet d’anchois

190 g de sucre
1 gousse d’ail
10 cl de rhum
3 carottes
80 g de petits oignons
100 g de lardons
2 branches de romarin
1 l de fond de veau
2 tomates
1 courgette

La tapenade

Mixez 90 g d’olives noires, les anchois, l gousse d’ail et de l’huile d’olive. Réservez au froid.

Disposez de la tapenade sur la chaire de 4 filets de dorades et recouvrez les avec les 4 restant de façon à les farcir.

L’accompagnement

Épluchez les carottes, les oignons, mondez les tomates et lavez la courgette.

Blanchissez les carottes dans de l’eau bouillante ainsi que les courgettes taillées en bâtonnets, environ 3 minutes. Refroidissez les dans de l’eau avec des glaçons.

Dans une casserole, faites dorer les petits oignons, ajoutez les carottes, les courgettes et les tomates en dès.

Mouillez avec le fond de veau et ajoutez le romarin ainsi que les 70 g d’olives restantes.

La Dorade

Poêlez les filets de dorades sur la peau et finissez les 8 minutes au four.

Dressez dans une assiette les légumes dans le fond, disposez la dorade dessus et faites un cordon de sauce avec le jus de cuisson de vos légumes. Bon appétit à tous !

lundi 6 juin 2016

Tout un siècle à la casserole

L’ouvrage «La France aux fourneaux» conte par le menu nos us et péchés gourmands.
Par Jacky Durand et Catherine Mallaval Libération — 4 décembre 2009

C’est l’histoire d’un siècle qui débute dans le bœuf froid aux carottes de Marcel Proust, s’initie au bouillon cube, découvre la cuisinière à gaz à l’exposition universelle de 1900. C’est l’histoire d’un siècle qui s’achève dans les sushis, le manger bio et équitable, les assiettes anticancer saupoudrées d’oméga 3.

En six époques, la France aux fourneaux, de 1900 à nos jours (1) de Dominique Missika et Anne Schuchman, conte par le menu nos péchés gourmands, us et légumes, moulinettes et robot Marie. Sous le couvercle de ces petites affaires de popotes, on découvre en toile de fond la grande Histoire, celle qui a transformé nos habitudes alimentaires et culinaires. Du champagne pour l’année 1900, des pastilles Valda, du filet de bœuf aux champignons le dimanche (chez les bourgeois), un bon couteau pour trancher son pain (à l’autre extrémité de l’échelle sociale) : ainsi débute la Belle Epoque dignement célébrée par les édiles. Le 22 septembre 1900,20 277 maires de France et des colonies s’attablent dans le jardin des Tuileries pour un pantagruélique banquet républicain. C’est la maison Potel et Chabot qui est chargée d’organiser cette fête du travail et de la paix. Sont alors consommés : 2 000 kilos de saumon, 2 430 faisans, 3,5 tonnes de bœuf, 2 500 poulardes, 12 000 litres de mayonnaise, 15 000 camemberts, 10 000 pêches, 6 000 poires, une tonne de raisin, 3 000 litres de café et surtout 50 000 bouteilles de vin dont nombre de champagne. La cuisine bourgeoise, qui sacralise les plats mijotés, triomphe. Elle est une affaire de femmes. Dans le rôle de la bonne ménagère, l’épouse «sert l’amour de son mari en préparant de sa main experte le repas pour la famille». A la table du paysan, on se cale avec de la soupe et du pain.

Symbole national. Quinze ans plus tard dans les tranchées de Verdun, les poilus mangent du pâté Henaff et du «singe» (le corned-beef) en buvant des quarts de pinard au bromure. Le mot est sur toutes les lèvres, «le rata en général composé de saucisses, de haricots et de lard» est le plat le plus servi aux combattants avec parfois un peu de rab. Le camembert devient un symbole national. Quand enfin la guerre s’achève, la gourmandise cesse d’être un péché. La France des années folles compense. On adore les long drink comme le champagne flip : battre un œuf frais au shaker avec sucre en poudre ou sirop de sucre. Ajouter du champagne très froid. Remuer à la fourchette. Verser dans un verre à vin. Ajouter de la muscade râpée dessus. Mmmm. En cuisine, les Françaises puisent leur inspiration dans Modes et travaux,le petit écho de la mode,Les veillées des chaumières. Elles y découpent des recettes qu’elles collent dans des cahiers. La première édition du fameux Je sais cuisiner de Ginette Mathiot paraît en 1932. Grâce à ces magazines et aux livres de cuisine qui se multiplient, les recettes «des établissements où l’on fait bien les choses» passent à la table des familles : œufs durs-mayonnaise, terrine de pieds de porc, bouchées à la reine et les inévitables crêpes Suzette. Et la ménagère commence à s’équiper. Enfin le presse-purée naît et on récure à l’éponge Spontex

En 1936, le Front populaire donne une saveur populaire au pique-nique. On saucissonne sur les routes des congés payés, on emporte la poêle à frire dans les trains pas chers négociés par Léo Lagrange. C’est aussi l’explosion des cantines scolaires : entre 1936 et 1938, elles passent de 8 513 à 12 600. Fini d’apporter son casse-croûte de midi à l’école. Chez eux, les enfants réclament de la Vache qui rit, du Banania et des sucettes Pierrot gourmand. Bientôt, se nourrir va devenir une obsession.

Topinambours. En octobre 1940, les Français n’ont droit qu’à 350 g de pain par jour. En 1944, la ration journalière n’est plus que de 125g pour les enfants, 250g pour les autres. C’est le temps amer des ersatz : la vente du vrai café est interdite, les corbeaux et les pigeons remplacent le poulet dominical. Les rutabagas, choux-raves, topinambours et crosnes, jusque-là réservés aux animaux, passent à table. Les feuilles de rhubarbe remplacent les épinards. La France a faim, pour se nourrir il faut ruser. Certains ont recours au marché noir. Et l’immédiate après-guerre ne nourrit toujours pas son homme : toujours pas de camembert à l’épicerie, de baba au rhum chez le pâtissier, de gigot chez le boucher. Il faut attendre les années 50 pour renouer avec l’abondance et le bien-manger : de l’Ovomaltine au petit-déjeuner et les bons petits plats d’avant-guerre. Des œufs-mimosa, un poulet chasseur et une religieuse au chocolat. Voilà le repas typique. En cuisine, le modernisme s’invite. 
Tout beau, tout nouveau, voici le Formica aux couleurs vives. «Ah quel bonheur d’avoir un mari bricoleur qui recouvre tout de Formica!» chante la pub. Aspirateurs, réfrigérateurs et machines à laver font leur apparition. Mais le premier achat d’un ménage est sans conteste une cocotte-minute (Ah, la Super cocotte de Seb !) Enfin, le 6 juillet 1948 restera une date historique. Ce jour-là, un dénommé Goulet-Turpin met en place le premier magasin libre-service de France, rue André-Messager à Paris, dans le XVIIIearrondissement. Quinze ans plus tard, Françoise Sagan inaugure le premier hypermarché, un Carrefour, dans l’Essonne. Désormais, c’est la fête des marques dans les rayons de la grande distribution naissante : envoyez la purée Mousline, déballez le Kiri, tartinez le Nutella. 
C’est l’âge d’or de Moulinex, de la vaisselle Duralex. Les rapatriés d’Algérie font découvrir aux métropolitains le couscous et la merguez. Les Français qui travaillent ne rentrent plus forcément manger à la maison et commencent à économiser du temps en cuisine grâce aux surgelés Findus. A la télévision, Fernand Raynaud fait la publicité pour les raviolis. La Française cuisine moins mais s’inspire des recettes de Raymond Oliver sur le petit écran.

Plats du terroir. Les années 70 se nourrissent de paradoxes : on déguste le saumon à l’oseille des frères Troisgros, le foie gras aux choux d’Alain Senderens et Michel Guérard est l’apôtre de la cuisine minceur. On se régale aussi de roboratifs plats de terroir à la faveur des week-ends en famille à la campagne qui ressemblent à un film de Sautet. Picard ouvre son premier magasin en 1974, les produits allégés s’envolent avec Taillefine.

Début des années 80, la tuile : le premier McDo a ouvert à Strasbourg, tandis que le végétarisme pointe timidement son nez en France. C’est véritablement après la crise de la vache folle que le manger sain et le manger bio investira nos assiettes. Autre tendance majeure de nos années 2000, les goûts se mondialisent : à Paris, les restaurants étrangers sont désormais plus nombreux que les tables autochtones. Aujourd’hui, on zappe sans complexe du snacking au grand chef en passant par le bistrot du coin. On aime toujours autant manger et cuisiner. Mais différemment : si les savoir-faire se transmettent moins en famille qu’à la Belle Epoque, les cours de cuisine font le plein. Et si on déserte les fourneaux durant la semaine, c’est pour mieux les faire chauffer le week-end. Alors qu’est-ce que l’on mange samedi ?

(1) ed. Flammarion, 45 euros.

dimanche 5 juin 2016

Les péchés de gourmandise de Rossini

Rossini « Tournedos » à la musique pour la cuisine

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Notre dilettant des cuisines quitte Paris pour Bologne en 1836 pour diriger le conservatoire de musique, l’enseignement après la création, sauf aux fourneaux où il expérimente de nouveaux mets en s’inspirant du cuisinier de Charles-Albert de Sardaigne. Sa compagne écrit : le maestro et moi, nous vivons pour manger c’est le seul plaisir qu’il lui reste »__ Six ans plus tard, Rossini avoue : « Je cherche des motifs mais ne me viennent à l’esprit que pâtés et truffes… » Cela durera 25 ans, mis à part un très beau Stabat mater.

Une retraite passée à rédiger des pages et des pages de correspondance qui forment un hymne à la gourmandise, qui bat son plein de remerciements et de commandes: il chante les louanges d’un épicier de Modène, met en musique ses remerciement à la réception d’un Gorgonzola, félicite le compositeur Lavignac pour ses sardines, un éditeur pour son Panettone, le ténor Donzelli pour ses Tortellini… Malgré tous ces plaisirs, la maladie ne passe pas et sa femme décide de retourner dans une France redevenue entre-temps impériale.
« Péchés (gourmands) de vieillesse »

L’installation en 1855 du couple, réussit à l’artiste qui remet le couvert avec les bientôt très courus « Samedis musicaux », véritables ateliers des sens, de l’entrée servie à l’ouverture lyric. Il retrouve aussi son rond de serviette chez son ami le baron Rothschild, ainsi que l’amitié d’Antonin Carême, son maître queue, qui affirme que Rossini est le seul à vraiment comprendre sa cuisine. Ils composeront de concert quelques recettes dont de nombreuses, à base de truffe, l’aliment préféré du maître, comme la célèbre salade Rossini ou, dit-on, le fameux Tournedos Rossini. Quoique… Une autre version qui passe au restaurant « La maison Dorée », circule sur l’invention de ce plat mythique. Il Maestro s’agace, à la lecture du menu, de ne rien trouver de nouveau. Il part en cuisine comme à son habitude et demande au chef Moisson de lui concocter quelque chose d’original : une pièce de viande surmontée de foie gras et de truffes, le tout accompagné d’une sauce à l’essence de ce caviar des champignons ! Aussitôt, la recette est saisie sur le vif par les deux chefs, mais confectionnée le dos tourné pour en garder tous les secrets de fabrication.

Rossini, après avoir fait table rase d’un passée sous les feux de la rampe, peut tranquillement savourer ses « Pêchés de vieillesse », courtes pièces musicales d’aspect frugal, mais riches en subtilités intitulées: « Ouf, les petits pois », « Hachis romantique », « Petites valse à l’huile de ricin », « Hors-d’œuvre : cornichons, anchois, radis… », « Mendiants : figues, noisettes, amandes… ». Au cours des années qui suivent, la maison du 2 rue Chaussée d’Antin est le petit théâtre des plaisirs de Rossini et le passage obligé des artistes ou admirateurs séjournant dans la capitale, si l’on veut être reçu dans le salon de soierie rouge et la salle à manger dressée de percaline verte. On joue à guichet fermés ces nouvelles petites compositions, sortes de mignardises musicales non moins talentueuses qu’audacieuses. Aux beaux jours, on part en campagne à Passy, jolie maison où le jardin secret du maestro est… un potager qui n’a rien d’un décor de scène, on y produit fruits et légumes en abondance.

C’est sur une dernière note d’esprit qu’il crée en 1863 la « Petite Messe solennelle » de chambre, ou plutôt de salon, dans laquelle …on sert un repas ! Pour cette musique religieuse, il choisi celui de la Cène où douze chanteurs seulement sont conviés à ce dîner d’adieu entre amis… sans Judas!.

Le 13 novembre 1868, Rossini quitte la table et la scène, après avoir commis son excellent « Dernier pêché mortel, de vieillesse ».

Publié le jeudi, 30 septembre 2010 à 22h13 Par Valérie Quezada De Talavera

Tancredi, Otello, La Cenerentola, Guillaume Tell, La Gazza Ladra... Ce sont là quelques oeuvres de Rossini, l'un des plus grands compositeurs du XIXe siècle. Mais le musicien, partagé entre la France et l'Italie, était aussi l'un des plus fieffés gourmands de son siècle. 

Parcours gourmand pour les admirateurs de Rossini. Le célèbre maestro délaisse un instant ses partitions et nous invite à sa table. Le spectacle n'en est pas moins ensorcelant ni théâtral. 

L'artiste passait plus de temps dans les cuisines de ses demeures qu'à composer dans son bureau. 

À force de hanter les fourneaux de ses cuisiniers favoris, il légua son nom à quelques recettes. "Le Tournedos Rossini fait immédiatement tinter un air connu où qu'il soit cuit dans le monde", écrit Alain Ducasse dans cette préface qu'il consacre au fin gourmet. 

Un gourmet bon vivant qui se faisait livrer les meilleurs produits des quatre coins de l'Europe, qui "aurait troqué un opéra contre un jambon, et préférait les pâtisseries aux honneurs". Jamais en manque d'inspiration culinaire, Rossini n'a eu de cesse d'imaginer des recettes comme un opéra. 

Ce sont quelques-unes de ces créations gourmandes que propose ce riche ouvrage, à la fois parcours musical et parcours gourmand, un ensemble de 45 recettes : Consommé de petites quenelles, Fagottini à la génoise, Rognons de veau Passy ou Tarte Guillaume Tell...reflets d'un art de vivre original et baroque. Des suggestions gastronomiques très musicales !

Terrine de pintade aux noisettes et aux abricots

Tous les cuisiniers vous le diront : rien de plus savoureux et de plus efficace qu'une bonne recette de terrine en entrée. Il suffit de croquer dans une tranche de Pâté en croûte maison pour s'en convaincre... 
Les recettes de terrines sont innombrables et souvent faciles à réaliser pour une cuisine à la fois savoureuse et raffinée.

INGREDIENTS

1 pintade fermière
300 g d'échine de porc
250 g de foies de volaille

150 g de mie de pain
15 cl de crème fleurette
10 cl de cognac 
10 cl de porto blanc
1 gousse d'ail 
1 échalote
2 oeufs
2 pincées de quatre-épices
4 feuilles de laurier
2 brins de thym frais
20 noisettes grillées
8 abricots secs

PRÉPARATION

1. Désossez et prélevez la chair de la pintade.

2. Coupez en tout petits dés la chair de la pintade et les foies de volaille. Faites-les mariner 12 h au frais, recouverts d’un film alimentaire dans un récipient avec le cognac et le porto blanc, 1 gousse d’ail pelée et coupée en morceaux, 2 feuilles de laurier, 1 brin de thym, le quatre-épices et du poivre du moulin.

3. Faites de même avec la mie de pain trempée dans la crème.

4. Hachez l’échine de porc. Mélangez-la avec l’échalote pelée et ciselée, la chair de la pintade et les foies de volaille égouttés, la mie de pain hachée et les oeufs.

5. Filtrez la marinade et ajoutez-la.

6. Mélangez bien, salez et poivrez.

7. Préchauffez le four à th. 6/180°.

8. Placez une couche de farce dans le fond d’une terrine, parsemez de noisettes et de dés d’abricots, recommencez jusqu’à épuisement de la farce.

9. Ajoutez le laurier et le thym restants, couvrez de papier aluminium et placez la terrine dans un plat creux rempli d’eau à mi-hauteur.

10. Enfournez pendant 1 h30mn ou jusqu’à ce que la lame du couteau enfoncé à coeur ressorte sèche.

11. Sortez la terrine du four, laissez-la refroidir et placez au frais 48h.

12. Dégustez avec des tranches de pain de campagne grillé.

Conseil : Pesez le poids total de votre terrine avant de l’assaisonner et comptez 20 g de sel et 3 g de poivre par kilo de farce. Vous pouvez aussi faire revenir une petite boulette de farce dans une poêle pendant quelques minutes et rectifier l’assaisonnement si nécessaire.
Pour une texture plus fine, vous pouvez hacher les foies de volailles avec l’échine.